Après Cannes, "Hurban Vortex" sous les feux de Dubaï

Emirats arabes unis | Dubaï | Photographie

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Après Cannes, le photographe Boris Wilensky expose son projet "Hurban Vortex" à Dubaï. Faites d’impressions et de surimpressions, mélangeant portraits et paysages urbains, ses photographies mettent en lumière la ville de demain. Exposé durant l’été à l’Alliance Française Dubaï, en partenariat avec OKARYS Art Leads, l’alliance a posé quelques questions à l’artiste afin de se plonger dans son regard et mieux appréhender "Urban Vortex".

Alliance Française Dubaï : Vous avez débuté comme photographe sportif et vous avez tiré le portrait de plusieurs célébrités hip-hop (Oxmo Puccino, Kool Shen, Kery James, IAM). Comment en êtes-vous venu à la photographie artistique ?

Boris Wilensky  : J’ai toujours voulu travailler sur des sujets qui me passionnent. La boxe et la musique en font partie. La photographie dite artistique est juste un prolongement de ce désir de prendre du plaisir dans ce que l’on fait. J’imagine l’art d’une façon générale comme un espace de liberté. Un véhicule permettant de sortir du réel pour vous emmener dans des univers parallèles. Une invitation au voyage et à la découverte sans limite ni barrière. Être libre, c’est ce qui m’importe le plus !

La figure humaine est souvent présente au fil de vos œuvres que ce soit dans vos portraits de chanteurs et groupes jusqu’à votre dernière série Hurban Vortex. Photographier les visages, est-ce le fil conducteur de votre travail ?

En effet, le portrait est essentiel et central dans mes photographies. Dans les trois séries composant Hurban Vortex, le travail sur la ville et l’architecture n’a de sens que s’il porte l’Humain et délivre un message. Photographier l’autre implique une interaction, un échange et un partage. C’est toujours aussi un challenge intéressant de faire en sorte que quelqu’un que vous ne connaissez pas vous livre quelque chose de précieux à travers un regard ou une attitude. Il y a forcément quelque chose d’unique dans cette démarche puisqu’il s’agit avant tout d’une rencontre. Je suis également fasciné par le fait que, tous différents de par nos cultures, nos vécus et nos histoires personnelles, nous sommes tous reliés par cet éclat de vie dans nos regards, reflet d’une humanité commune. C’est cette petite lumière que j’ai envie de capturer.

Votre série de photographies Hurban Vortex est faite de surimpressions, entre visages et paysages urbains, éléments de métal et de peau. Quel message voulez-vous communiquer à travers vos œuvres ?

Tout en racontant une histoire, j’ai voulu m’éclater et faire des choses différentes à travers le projet Hurban Vortex. Je suis parti du présent pour parler de la ville d’aujourd’hui, colorée, plurielle et connectée. La seconde partie, Collapse, nous interpelle sur un monde en proie à l’affrontement du couple économie/ écologie avec, pour corollaires, les problèmes de changements climatiques, de particules fines, d’énergies limitées et de développement durable. Dans la troisième partie, Post, j’ai imaginé un monde Post-Moderne (Post-Urbain) où la ville a disparu. On retrouve un être humain marqué mais bel et bien vivant. Cette trilogie me permet de faire passer un message essentiel à mes yeux : la ville n’est qu’un décor, le progrès, une chimère…Reste-t-il une place pour l’Être humain ?

Hurban Vortex était exposé à Cannes en 2017. A l’occasion du Festival International du Film, une œuvre de Yann Arthus Bertrand a été projeté en annexe de votre exposition, pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous avons des préoccupations communes que nous exprimons au travers de nos œuvres : écologie, environnement, social… Cette soirée nous a permis de faire passer notre message à un public éclectique mais fortement engagé. J’ai également eu le privilège de faire découvrir mon exposition à Jacques Attali, président de Positive Planet. C’était un très joli moment et une rencontre pleine de sens pour moi.

L’exposition est visible dans la galerie de l’Alliance Française de Dubaï jusqu’au 15 septembre 2017.