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Cédric Villani nous parle de son passage au Maroc

Maroc | Rabat | Casablanca | Marrakech | Mathématiques 19 février 2013 - 22 février 2013
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Cédric Villani, mathématicien français, directeur de l’Institut Henri Poincaré et médaille Fields 2010 revient sur son passage au Maroc dans le cadre de la Saison Culturelle France Maroc 2013 de l’Institut français du Maroc.

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Cédric Villani © DR

-  Institut français du Maroc : Dans quel cadre êtes vous venu au Maroc ?
-  Cédric Villani : Je suis venu au Maroc car l’année 2013 est marquée par une série de manifestations liées aux mathématiques, avec en particulier l’organisation du premier "Maths en Jeans". Pendant une année, il y a des projets qui font intervenir des universitaires, ainsi que des rencontres entre les professeurs de mathématiques et des élèves. J’ai ainsi rencontré un groupe d’élèves du projet "Maths en Jeans" du Lycée Descartes de Rabat. Mon programme est également en résonance avec celui de Serge Harroche, prix Nobel de physique 2012. Nous étions ensemble à la séance plénière exceptionnelle de l’Académie des Sciences. Les services de l’Institut français m’avaient concocté un programme très dense.

-  IFM : Vous qui êtes considéré comme l’ambassadeur des mathématiques françaises, êtes-vous venu au Maroc pour transmettre un message ? Lequel ?
-  CV : Le message particulier c’est que je suis là. Cette manifestation est importante. Les conférences universitaires lors de mon passage le sont tout autant. Mais ce qui me tient le plus à cœur, sont les conférences et échanges avec les jeunes élèves.

-  IFM : Quels thèmes allez-vous aborder avec les chercheurs en mathématiques marocains que vous allez rencontrer à Marrakech ?
-  CV : Je n’ai rien préparé de particulier. La première qualité du scientifique est d’être à l’écoute des problèmes scientifiques et des problèmes humains. Je vais commencer à écouter ce qu’ils auront à me dire.

-  IFM : Des projets de collaboration pourraient-ils naître entre eux et vous ?
-  CV : À plus long terme, évidemment quand je serai moins occupé et à nouveau disponible pour lancer de nouveaux projets de recherche, cela sera bien sûr possible".

- IFM : Selon vous, comment la France peut-elle accompagner, faire profiter, le Maroc de son expérience en matière de recherche scientifique ?
-  CV : Beaucoup de formules sont possibles. D’abord il y a une question qui est importante pour les pays du Maghreb, c’est celle de l’expertise. Porter un regard extérieur pour voir les projets qui méritent d’être soutenus. L’évaluation extérieure c’est toujours important.

Ensuite, cela peut prendre la forme d’échanges. Accueillir en particulier des jeunes, soit des jeunes chercheurs, soit des élèves. Il y a déjà beaucoup d’étudiants brillants qui vont en France faire leurs études supérieures. Ce sont des choses qui peuvent être développées.

L’échange entre chercheurs est la partie que j’ai du mal à appréhender. C’est pour cela que mes échanges avec les chercheurs marocains à Marrakech vont être importants et fructueux. Nous allons réfléchir à des gens que nous pourrions envoyer en France, à des accords qui pourraient être noués. Il s’agit de l’aspect important de la coopération : envoyer des gens chez vous, et faire envoyer des gens de chez vous là-bas. Il faut former des gens sur place. Si les institutions ne sont pas formées sur place, elles ne sont pas pérennes.

-  IFM : Enfin, pouvez-vous expliquez l’équation de Boltzmann, sa beauté, ses implications et ses manifestations au quotidien à un novice des mathématiques ? C’est un des thèmes principaux d’un de vos livres.
-  CV : L’équation de Boltzmann a été découverte par Maxwell et Boltzmann dans les années 1860. Elle décrit l’évolution de la distribution statistique d’un gaz. Le gaz, avec son profil qui me dit où se trouve beaucoup ou peu de particules, aussi bien dans les positions que dans les vitesses. Est-ce qu’il y a beaucoup de particules rapides ou de particules lentes. Au lieu d’avoir une courbe des âges de la population, c’est une courbe des vitesses des particules. Lorsqu’on trouve beaucoup de particules, sous l’effet d’une collusion aléatoire des particules les unes avec les autres, cette courbe va évoluer de manière prévisible. L’équation de Boltzmann vous dit comment évolue cette courbe. Par exemple, si vous vous mettez dans une boîte, au fur et à mesure, cela évolue vers une distribution qui sera homogène dans toute la boîte et dont le profil des vitesses sera celui de très peu de vitesse rapide et beaucoup de vitesse lente.

Cette équation de Boltzmann décrit beaucoup de choses. Elle décrit l’intérêt pratique pour un ingénieur, mais également l’intérêt théorique car elle s’intéresse à la compréhension des processus réversibles du temps, l’évolution irréversible, l’augmentation inéluctable du désordre au sein d’un gaz.


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