Hip hop franco-indonésien et hip-hop japonais

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Dans le cadre d’une tournée en Asie du Sud Est, l’Institut français d’Indonésie (IFI) a invité la danseuse chorégraphe Valentine Nagata-Ramos à danser un solo inspiré d’un épisode douloureux de la récente histoire japonaise. En amont, et sur dossier, l’IFI et la chorégraphe avaient sélectionné 5 danseurs indonésiens pour une 1ère partie de spectacle inspirée d’une création originale "JE suis TOI".

C’est au centre culturel Taman Ismail Marzuki (TIM) à Jakarta que la compagnie Uzumaki AKA Valentine Nagata-Ramos s’est produite le 16 mai. Pour sa seconde venue en Indonésie, Valentine Nagata-Ramos, figure clé du hip hop français, faisait ses premiers pas en tant que chorégraphe. Via une audition vidéo, cinq danseurs indonésiens - Michael Halim, Dheidra Fadhillah, Mario Avner Francis, Steven Russel et Eriza Trihapsari - avaient été sélectionnés en amont pour reprendre la pièce créée par la danseuse intitulée « JE suis TOI ».
La pièce raconte la quête erratique d’un être dont la vie n’a plus de sens, un être qui désire sortir de son isolement pour prendre sa vie en main et affronter les autres et son ombre. Les cinq interprètes se meuvent sur des jeux d’opposition, d’imbrication, de fuite et d’approche.
Les gestes et les pas s’entrelacent dans une fluidité extraordinaire pour ne former qu’un, le tout rythmé par des sonorités de percussions acoustiques et un jeu de lumière époustouflant, créé par Laurent Kong A Siou le jour J.

Chaque danseur apporte sa petite touche à la création : la grâce et le pas classique de Michael, la danse traditionnelle javanaise d’Eriza, les gestes de waacking de Dheidra, les postures acrobatiques de Steven et le hip hop plutôt « old school » de Mario rendent la pièce unique. Ils ont tous appris de ce workshop à mixer les genres, à apprendre la danse de l’un et de l’autre, à être l’ombre de l’un et de l’autre.

Réunis pour la première fois le 13 mai, les danseurs ont créé ce spectacle en trois jours, et ils l’ont ensuite présenté à Jakarta, à Bandung et à Yogyakarta. Un spectacle et une tournée réussis qui a fait salle comble et provoqué des tonnerres d’applaudissements partout où ils se sont produits. La chorégraphe est très satisfaite de ce début de tournée et les danseurs espèrent pouvoir exporter ce projet ailleurs. « La danse me fait vivre et je tente de vivre de celle-ci, seulement en Indonésie, ça reste très précaire, donc dès qu’une occasion comme celle-ci se présente, je fonce. C’est important pour nous de pouvoir collaborer avec des institutions étrangères et espérer pouvoir se faire un nom en dehors des frontières » dit Mario. Et Eriza rajoute en souriant : « Nous avons tous des passeports et sommes prêts à partir au bout du monde pour danser. » Espérons que l’aventure puisse continuer pour eux.

En seconde partie, Valentine Nagata-Ramos nous a offert un solo : Sadako. Loin du film d’horreur éponyme, le titre fait référence à Sadako Sasaki, cette jeune fille victime d’un cancer suite aux bombes d’Hiroshima. Réminiscence d’une tragédie japonaise, Sadako s’était lancée dans le pliage de 1000 grues en origami afin de répondre à la légende qui dit que « Quiconque plie mille grues de papier verra son vœu exaucé. » Mêlant butô (danse contemporaine japonaise, bu : danser / tô : taper au sol), danse hip-hop et origami, Valentine Nagata-Ramos s’inspire de cette légende pour raconter l’enfance et le cheminement vers l’âge adulte, entre douleur et espoir. Un voyage au cœur des origines de la danseuse franco-japonaise.
La troupe est partie à Bandung et Yogyakarta avant de s’envoler pour la Malaisie, le Viet-Nam et mettre un point d’orgue à cette tournée en Thaïlande.

Image Diaporama -

Photo : DR

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