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L’Alliance française organise le mois de la danse à Dubaï

Du 5 au 21 février 2017, l’Alliance française de Dubaï a célèbré la danse autour de la résidence d’artistes de la compagnie Heddy Maalem et a proposé des atelier danses, des documentaires et un film en avant–première mondiale retraçant le parcours du chorégraphe et celui de ses danseurs au travers de ses spectacles.

La comédienne Morgane Gauvin a animé une discussion autour du film Les rêves dansants - Sur les pas de Pina Bausch réalisé par Anne Linsel et Rainer Hoffmann.

Enfin le spectacle acclamé par la critique Éloge du puissant royaume, soutenue par la Ville de Toulouse et l’aide à la mobilité de la région Occitanie, a été présenté au théâtre Ductac.

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    Le Chorégraphe Heddy Maalem

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    Heddy Maalem avec l’équipe de l’Alliance (Ossama ElShammaa, Virginie Demarne et Bernard Frontero)

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    Les danseurs sous les applaudissements à la fin du spectacle

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    Atelier "Krump" au Lycée Français Georges Pompidou

Fort d’une carrière chorégraphique internationale de plus de 30 ans, le franco-algérien Heddy Maalem, habitué des résidences artististiques, nous fait partager son parcours.

AF Dubai : Vous avez une carrière de danseur plutôt atypique. Avant le mouvement dansé, vous vous êtes intéressé aux mouvements des arts martiaux, boxe et aïkido. Et puis, vous êtes passé à la danse et vous avez créé votre compagnie en 1989.
Heddy Maalem : J’ai boxé en amateur. l’Aïkido a été ma profession et ma passion pendant de longues années. La danse a été une autre passion, une de ces surprises que vous réserve la vie. J’ai eu une formation de danse loin des canons classiques et me suis formé auprès de danseurs de différents styles.

La danse contemporaine : était-ce votre première introduction à la danse ? Quels sont les chorégraphes qui vous inspiraient alors ?
Une des premières et, c’est grâce à la liberté qu’offre le contemporain que j’ai pu apprivoiser un mouvement qui me soit propre. Les grands noms de la danse de l’époque (et ils le sont restés) ont bien sûr été mes sources d’inspiration. J’aimais Merce Cunningham, Pina Bausch mais aussi Steve Paxton, Alonzo King… Des artistes au style très divers et à la grande force créatrice.

Que pensez-vous de la scène danse contemporaine actuelle ?
La danse contemporaine actuelle offre un panorama très diversifié. Tous les genres coexistent et tous les courants. Cela peut-être un peu perturbant mais c’est aussi une magnifique ouverture.

Vous venez présenter à Dubai « Eloge du puissant royaume ». Comment avez-vous rencontré les krumpers français ? Connaissiez-vous le Krump avant de les rencontrer ?
J’ai rencontré les krumpers français alors qu’une amie tournait un documentaire à leur sujet. Je connaissais le Krump un peu comme tout le monde après avoir vu le film RIZE de David LaChapelle. J’ignorais qu’il y avait des krumpers à Paris. La rencontre s’est faite naturellement et le courant est vite passé.
Le Krump est une danse née dans les années 90 à Los Angeles lors des emeutes et tensions raciales. C’est une façon d’extérioriser la violence par la danse. Est-ce-que ce mouvement est toujours vivant en 2017 ?
Oui, plus que jamais. Le Krump prend une extension internationale.
Dans « Eloge du Puissant Royaume », j’ ai integré le krump dans un spectacle de danse contemporaine.

Dimanche soir, vos danseurs ont donné un atelier original de Krump pour les adultes. Toute cette semaine, vos krumpers sont en atelier avec des collégiens et lycéens du Lycée Français International Aflec et du Lycée Français Georges Pompidou. Qu’allez-vous leur enseigner ?
Toujours une approche adaptée au niveau des participants. Notre souci est de parvenir à intégrer tout le monde et faire en sorte que chacun se sente à l’aise et puisse approcher cette façon de danser qui demande énergie et implication tout en ayant une base technique aisément accessible pour les débutants.
Les ateliers sont toujours de bons moments de partage et de joie de danser.

L’Alliance française de Dubaï présente en exclusivité "à l’Étranger - Portraits de danseurs", un tour du monde au cours duquel vous retrouvez les danseurs ayant marqué votre carrière. Ces portraits dansés sont une nouvelle étape dans votre parcours ?
Regarder ou filmer la danse ne donne pas toujours, et c’est un paradoxe, accès au danseur lui même. Sur scène, il s’efface devant le caractère qu’il incarne. C’est le signe de son talent. Réaliser ce film a été pour moi le moyen de retrouver un certain nombre de danseurs remarquables avec lesquels j’ai eu la chance de travailler, de leur rendre hommage et de permettre au spectateur de découvrir, au delà de leur don évident, le caractère exceptionnel de leur personnalité, la profondeur de leur âme sensible.

C’est votre première visite aux Emirats Arabes Unis ? De loin, qu’est-ce-que Dubaï pour vous ?
La toute première et j’ai hâte de découvrir Dubaï, loin des clichés. La ville a l’air fantastique, improbable. Je suis curieux d’en connaître les habitants et leur façon de vivre.

Né de mère française et de père algérien, vous vous définissez comme fils de la Méditerranée. Que pensez-vous des replis identitaires actuels en Europe, aux Etats-Unis ?
Comme beaucoup, cela m’attriste. Je pense que nous avons beaucoup plus à gagner en faisant l’effort de nous ouvrir et d’aller vers l’autre. Je veux croire que les replis identitaires auxquels nous assistons aujourd’hui constituent une forme négative de réaction apeurée face à une évolution historique de fond qui voit le brassage des peuples et leur rapprochement.

Après Dubai, quels sont les nouveaux horizons qui se profilent pour Heddy Maalem et pour la compagnie de danse ?
Je continue mon travail artistique de manière plus indépendante. Comme vous le constatez, l’image m’intéresse beaucoup. Je m’emploie aussi à faire évoluer ma structure afin de pouvoir transmettre l’expérience accumulée tout au long des années mais aussi de repérer et aider de jeunes talents.

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