Accès rapide :

"Ma ville bouge", le lycée français revisite Saint Domingue

Les élèves de CM2 et de 6ème du lycée français de Saint Domingue ont inauguré une fresque murale représentant l’aboutissement d’un cycle pédagogique dédié à la (re)découverte et à la représentation artistique de leur vision de la ville.

Après avoir ouvert ses portes pour 7 élèves en 1978, le lycée français de Saint Domingue compte désormais 648 élèves de la maternelle à la terminale, dont un peu plus de la moitié sont de nationalité française. Reconnu en République Dominicaine comme un établissement d’excellence conventionné avec l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE), le lycée français porte un projet pédagogique résolument multiculturel, favorisé par la cohabitation d’élèves venus de 30 nationalités différentes.

Tourné vers l’international, le lycée n’en promeut pas moins la découverte de la République Dominicaine, tant dans ses programmes qu’à travers des projets pédagogiques innovants. Depuis deux ans, l’équipe enseignante du primaire s’est ainsi investie dans l’action pédagogique pilote "Ma ville bouge", dont l’objectif est de resserrer les liens entre les élèves et leur environnement. Dans le cadre de cette action, les élèves de CM2 et de 6ème du Lycée ont réalisé une fresque murale sous la direction de l’artiste cubain Angel Urrely représentant leurs visions de la ville de Saint Domingue. Mesurant 2 mètres de haut sur 20 mètres de long, elle a été inaugurée en mai 2016 dans la cour principale du lycée français.

Trois questions à Philippe Dehem, directeur du primaire au lycée français

Comment l’action pédagogique prioritaire pilote "Ma ville bouge" est-elle apparue ?

"Ma ville bouge" a émergé il y a deux ans du constat que nombreux sont les élèves du lycée français qui connaissent très peu la ville de Saint Domingue, sortant rarement de leurs rituels familiaux et de leur environnement familier (la maison, l’école). Cette réalisation, conjuguée au plan d’orientation stratégique de l’AEFE qui met l’accent sur l’importance pour les lycées français à l’étranger d’ouvrir davantage les élèves à leur pays d’accueil, a motivé les membres du corps enseignant à mettre en place cette action pédagogique. La ville de Saint Domingue offre de nombreuses possibilités pour des élèves d’âges variés, allant de la maternelle au CM2. "Ma ville bouge" se compose de nombreuses actions pédagogiques différentes, mais l’idée centrale est vraiment de permettre aux élèves de mieux comprendre la ville, de l’explorer, d’étudier sa construction et son histoire. Les élèves voient Saint Domingue à travers leurs regards d’enfants, s’interrogent sur les spécificités visibles des différents quartiers, sur l’origine des noms de rue, sur les œuvres d’art urbain qu’ils peuvent voir quand ils se promènent… "Ma ville bouge" se nourrit de leur curiosité, et cherche à les rendre davantage acteurs de leur vie ici à Saint Domingue.

Parlez-nous du processus créatif qui a mené à la réalisation de la fresque…

Ce projet est né de l’initiative d’enseignants du CM2 et de 6ème, avec le soutien précieux de professeurs d’art plastiques. Les élèves ont eu la chance de travailler avec l’artiste cubain Angel Urrely, qui dépeint régulièrement la ville de Saint Domingue dans ses œuvres. Celui-ci a manifesté beaucoup d’enthousiasme à l’idée de tenter cette expérience artistique, en particulier parce qu’elle avait pour objet la représentation d’un certain point de vue subjectif et personnel sur la ville de Saint Domingue, ce qui rejoint son propre projet artistique.

Les élèves ont d’abord mené un travail préparatoire portant sur Angel Urrely et ses peintures. Par la suite, avec la participation de l’artiste, ils se sont interrogés sur leur perception de Saint Domingue, leur vision personnelle des quartiers qu’ils connaissent, mais aussi plus largement sur les aspects de la République Dominicaine et de sa culture qui leur paraissaient particulièrement symboliques et représentatifs du pays. Pendant cette période, ils ont par exemple réalisé des créations artistiques mêlant des éléments d’origine animale, végétale ou mécanique pour aboutir à des objets nouveaux, représentatifs de ce qui constitue pour eux le cœur de la République Dominicaine.

Que pensez-vous que les élèves aient retiré de ce projet ?

Outre la fierté d’avoir mené à bien un travail de grande qualité, les enfants en ont personnellement bénéficié, dans la mesure où ils ont véritablement été acteurs, peintres, artistes à part entière de cette œuvre. De surcroit, cette démarche leur a permis d’échanger et de communiquer sur leurs visions de la ville, d’égal à égal : cette expérience s’est donc révélée extrêmement enrichissante humainement, car les élèves ont pris conscience de la diversité de leurs opinions et de leurs perspectives, et à travers le dialogue ils ont progressé en terme d’apprentissage du vivre ensemble. Cela est particulièrement vrai du fait de leurs nationalités et origines différentes, qui influencent leur façon de percevoir la ville et le pays. Par exemple, un enfant français remarque l’importance et la signification culturelle en République Dominicaine du platano, du colmado, ou encore du carro publico, là où pour un enfant dominicain, ces éléments font simplement partie d’un paysage quotidien et familier. En s’interrogeant sur ce qui les entoure, les enfants ont collectivement enrichi leur perception de la culture locale et de la vie urbaine de Saint Domingue. D’ailleurs, lors de l’inauguration de la fresque, l’artiste Angel Urrely lui-même a déclaré avoir bénéficié de cette collaboration, à travers le regard nouveau, plus direct, moins déformé par le poids de l’interprétation, que les enfants ont porté sur la ville. Ce travail a donc porté ses fruits pour tous les acteurs impliqués, et à ce titre il s’agit d’un grand succès.

Le lycée s’expose au Palacio Nacional de Bellas Artes

Dans le cadre du projet "Ma ville bouge", les élèves de GSA et CE2A du lycée français ont travaillé avec des artistes dominicains et l’illustratrice française Pascale Bougeault sur les maisons de République Dominicaine. Réunis dans une exposition intitulée "Dessine-moi une maison dominicaine", leurs travaux étaient présentés au Palacio Nacional de Bellas Artes du 13 au 26 juin, après un vernissage le 13 juin en présence de l’ambassadeur de France.

Liens utiles



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2017