Mai, mois de la comédie à Dubaï

Emirats arabes unis | Dubaï | Spectacle

-

Ce mois de mai était placé sous le signe de la comédie ! L’Alliance française Dubaï et ses partenaires ont présenté trois spectacles de trois humoristes français.
Honneur aux femmes, le 10 mai une jeune comédienne à l’humour étonnant et contagieux, Bouchra Beno. Le 19 mai, le Comte de Bourderbala, ex- international de basket-ball, qui drible avec les mots propose son nouveau spectacle. Enfin, le 24 et 25 mai , Olivier Lejeune est monté sur la scène de l’auditorium de l’Alliance française pour conclure en beauté le mois de la comédie. Artiste de grand talent, il occupe les scènes nationales et a côtoyé la plupart des acteurs francophones, nous lui avons donc posé quelques questions sur son parcours.

Olivier Lejeune vous êtes un artiste aux milles et une facettes, à la fois humoriste, comédien, auteur de livres et de pièces de théâtre, amoureux de la scène et artisan perpétuel de la farce, parlez-nous de votre nouveau spectacle : "Mieux vaut en rire".

O. Lejeune : Il s’agit d’un tour d’horizon de l’actualité médiatique et politique, des sketches… et une démonstration incroyable de mnémotechnie avec la participation du public, la mémoire étant un de mes chevaux de bataille. J’ai écrit deux livres à ce sujet chez Hachette "Mémoire d’éléphant" et "Mémoire au top". Je donnerai sur scène tous mes trucs, que les spectateurs en profitent !

Qui vous inspire le plus ? Des acteurs, des auteurs ou encore des peintres ? Qui vous marque ?

O.L. : Sacha Guitry est mon idole absolue… Ensuite Feydeau, et l’éternel Molière. Pour les acteurs, Fabrice Lucchini, un vieux copain du cours Jean Laurent Cochet, un être exceptionnel et fascinant… Isabelle Huppert avec qui j’étais au Conservatoire, André Dussolier, Gérard Depardieu, Jean Paul Belmondo… Jean Dujardin que j’ai bien fréquenté du temps où il officiait avec ses sketches… Je suis un fan absolu de Salvador Dali que j’ai eu le bonheur de fréquenter et avec qui j’ai eu la chance de passer une journée entière en sa compagnie…Et les 3 "M" Miro, Magritte et Matisse.

Quelle pièce vous a donné le plus de plaisir ?

O.L. : "Le nouveau Testament" de Sacha Guitry… me glisser dans la peau du Maître et ressentir toutes ses émotions, un délice… passer du rire aux larmes en quelques secondes puis revenir au rire, des montagnes russes de sentiment : savoureux.

Être artiste en France en 2017 : est-ce toujours facile ?

O.L. : Rien n’est facile ! Il faut en permanence tenter d’innover. Je suis un créatif et c’est grâce à ma plume que j’ai pu toujours autant travailler, que ce soit en écrivant des pièces(huit à ce jour), des séries, des émissions télés de divertissement ou des sketches pour mon spectacle. Et tellement d’écritures pour les autres (Michel Leeb, Patrick Sébastien, Gérald Dahan, Pascal Brunner et tant d’autres). J’ai aussi inventé des jeux de société et des jeux télés qui ont super bien fonctionné. Ne jamais attendre que le téléphone sonne… ! Foncer !!!

La France est-elle encore le pays de la culture ?

O.L. : Bien sûr que la Culture se doit d’être omniprésente bien que les budgets de l’État soient en baisse constante ! Pour se faire jouer à Paris, ce n’est pas si évident. Il faut trouver à la fois une salle libre et surtout le financement. L’artiste se transforme en chef d’entreprise. La vraie inquiétude, c’est qu’avec les générations Smartphone, réseaux sociaux, tablettes, internet, il va y avoir un déficit de lecture. Je crains que de nombreux auteurs passent à la trappe et que cette forme de culture des lettres et d’humour subtil finisse par passer au-dessus de la tête de ceux qui vont nous succéder.

Avez-vous des rêves d’acteur ?

O.L. : Tourner au cinéma ou dans des films à la télévision, des rôles qui donneraient une image différente de celle qu’on se fait de moi. Chaque fois que je joue une pièce dite classique (Guitry, Oscar Wilde ou autre) les critiques s’extasient. Hé oui… premier Prix de comédie et de diction du conservatoire quand même !

Comme vous définiriez-vous ?

O.L. : Comment je me vois ? Un artisan joyeux et passionné, une curiosité insatiable, un jouisseur de la scène donc de la vie.
J’ai bien entendu joué au Maroc, au Portugal, en Tunisie, Suisse, Belgique of course, Guadeloupe, Martinique… J’aurais adoré entrer à la Comédie Française justement pour satisfaire mes désirs de voyages dans la francophonie dont le réseau des Alliances est un acteur majeur.
Je suis un impatient ! Et très impatient de découvrir pour de vrai Dubaï, cette sorte d’Eldorado… ce monde incroyable. Des vrais décors de cinéma !