La station Patagonia - Bahia Exploradores devient le premier observatoire du réseau international Homme-Milieux au Chili

Mieux comprendre le changement climatique et promouvoir la recherche et la formation, dans un contexte interdisciplinaire, tels sont les objectifs du nouvel accord signé entre l’Université Catholique du Chili et le CNRS !

Le vendredi 12 janvier 2018 a été signé l’accord entre l’Université Catholique du Chili (PUC) et le CNRS pour l’insertion de la station Patagania - Bahia Exploradores de l’université chilienne dans le réseau international des observatoires Hommes-Milieux du CNRS.

Cet accord, signé par Stéphanie Thiebault (directrice de Institut Ecologie et Environnement - INEE/CNRS) et Ignacio Sánchez (Recteur de la PUC), permettra de propulser la recherche développée par la station chilienne sur la scène internationale en générant des échanges de chercheurs et d’étudiants. Les travaux menés dans le cadre de cette coopération s’inscriront dans une logique d’interdisciplinarité et permettront de créer des liens avec les autres observatoires membres du réseau.

Les Observatoires Hommes-Milieux
Un Observatoire Hommes-Milieux (OHM) est un outil d’étude des socio-écosystèmes anthropisés, conçu pour répondre à leur complexité par la mise en œuvre d’une démarche globale d’étude en associant les sciences de l’environnement et en créant les dynamiques pour la mise en place de l’interdisciplinarité nécessaire pour y parvenir. Pour cela chaque OHM s’organise autour d’un objet focal – qui sera étudié par toutes les sciences de l’environnement – qu’un événement fondateur est venu bouleverser profondément (ex : un bassin minier - en est l’objet – et l’arrêt de l’exploitation, l’événement fondateur).

Le réseau des OHM dans le monde
La signature de cet accord fait porter à 12 le nombre de OHM dans le monde : Bassin Minier de Provence, Oyapock (Guyane française), Estarreja (Portugal), Tessékéré (Sénégal), Pyrénées-Haut Vicdessos, Vallée du Rhône, Littoral Méditerranéen, Nunavik, Pays de Bitche, Pima County , Port Caraïbe et Bahia Exploradores (Chili).

L’Observatoire Homme-Milieux de Patagonia-Bahia Explorades
A environ 300 km au sud de la ville de Coyhaique, la station Bahia Exploradores est située à l’embouchure du fleuve Exploradores et des fjords du Pacifique à l’écart de toute implantation urbaine : le premier village de Puerto Rio Tranquilo est installé sur les rives du lac General Carrera, 80 km à l’est. La zone, montagnarde et principalement recouverte de forêts patagones à Notofagus supposées vierges et de lacs, est localisée en zone périglaciaire et soumise aux doubles influences du Campo Hielo Norte (deuxième glacier continental de l’hémisphère sud) et du Pacifique sud. L’ensemble de ces caractéristiques font de ce secteur un territoire d’exception, tant au niveau environnemental, qu’au niveau des menaces qui le concernent en raison du changement climatique actuel. C’est à ce titre que l’ensemble de la zone est l’objet de mesures de protections marquées par la présence de plusieurs parcs nationaux (Parc de la Laguna San Rafael, Réserve de Biosphère).

Les objectifs et les perspectives scientifiques de l’observatoire qui s’est développé depuis 2009 de manière autonome autour de la station de recherche « Bahia Exploradores », visent :

  • d’une part à l’acquisition de connaissances sur la zone de Bahia Exploradores et de son aire d’influence
  • et d’autre part à contribuer à l’aide à la décision en matière de conservation et de développement durable dans un contexte de mutation territoriale en articulation étroite avec les acteurs institutionnels nationaux et le tissu socio-économique local (industrie, tourisme, éleveurs), dans le cadre d’une démarche intégrée.

L’OHMi veillera à alimenter une planification à long terme permettant de coordonner et développer une exploitation durable de la zone capable d’intégrer les acteurs à différentes échelles d’analyses : Université-Etat-privé, du local au global. Cette approche propose d’encourager les projets de recherche, la conservation, l’éducation à l’environnement ainsi que la production et la pérennisation des connaissances.