SINYAR - Des artistes français inspirés par la culture émirienne

Emirats arabes unis | Dubaï

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Faciliter les rencontres entre artistes, créer des liens, animer la diversité culturelle. Avec l’exposition collective ‘Sinyar’, l’Alliance Française de Dubai a accompli, comme le souligne Bernard Frontero, son Directeur, une de ses missions première :
« Favoriser les échanges entre les cultures et contribuer à l’épanouissement de la diversité culturelle »
Cette exposition a reçu un excellent accueil lors du vernissage à La Galerie le 22 novembre dernier en présence de l’Ambassadeur de France aux Emirats Arabes Unis, M. Ludovic Pouille, du Consul Général de France, M. Majdi Abed et de M. Hussain Al Jaziri, Président du Comité de l’Alliance Française de Dubai et de nombreux invités dont la direction de Dubai Culture.

‘Sinyar’, un mot du dialecte émirien signifiant le départ d’une caravane de bédouins, a réuni Salma Al Marri, artiste émirienne, et quatre artistes français de talent présentant une variété de styles et de différents supports et matériaux.

Les œuvres de Salma Al Marri sont concentrées sur son environnement et la culture de son pays : le calme d’une maison, l’évocation de légendes émiriennes. L’artiste utilise l’acrylique de façon dense avec une technique donnant du relief et une texture unique.

Une autre technique a retenu notre attention : l’art Sumi-e par Claude Quentelo. L’artiste graphiste et sculptrice et peintre Sumi-e réalise des délicates encres de chines avec des cordes de guitare. La technique japonaise Sumi-e est pratiquée habituellement avec des pinceaux ou des plumes, imposant le geste juste. Familière des cordes de guitares dans le cadre d’une précédente œuvre de sculpture, Claude Quentelo n’a pas hésité à essayer ces cordes avec cette technique Sumi-e. Détourné de sa fonction première, une corde d’instrument de musique, l’objet devient un outil pour peindre, apportant des rendus innovants. Les œuvres exposées ce mois-ci à La Galerie sont inspirées par ses nombreux voyages dans le Golfe et aux Emirats, reprenant des thèmes chers à la culture émirienne : bédouins, faucon, chamelier, fleur du désert. Claude Quentelo réussit un mélange étonnant et finalement naturel de diverses cultures.

Egalement inspiré par ses voyages dans la région, Marc Petit, artiste peintre strasbourgeois, fort d’une carriere artistique remarquable, est revenu à sa première passion : la tapisserie avec les Ateliers Pinton. Depuis près de 150 ans, les renommés Ateliers Pinton façonnent des tapis exceptionnels et des tapisseries surdimensionnées. Selon des techniques ancestrales, cette entreprise familiale participe fièrement à la perpétuation d’un savoir-faire français qui, à travers ses innombrables œuvres, a marqué l’histoire de l’art. Les deux tapisseries exposées pour ‘Sinyar’ - « L’œil respire » et « L’œil s’aiguise » - sont un véritable hommage à la culture des Emirats Arabes Unis tout en constituant un magnifique pont culturel entre la France et les Emirats.

Une technique moderne et surprenante est celle de Patrice Palacio : la peinture fragmentaire. Pour ‘Sinyar’, c’est le portrait de S.E. Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, le dirigeant actuel de Dubai et Vice-Président des Emirats, qui orne les murs de La Galerie. Le portrait est composé de 1800 fragments magnétiques peints à l’huile sur fond doré. Un style qui défit la fixité de l’image. Œuvre incroyable qu’il faut avoir vu.

Pour terminer cet aperçu de ‘Sinyar’à La Galerie, citons l’artiste Claude Guénard, habitué des Emirats où il présente son travail pour la seconde fois dans ce pays et anime de nombreuses conférences et ateliers comme tout récemment à La Sorbonne Abu Dhabi. Claude Guénard a choisi d’exposer ses interprétations des paysages iconiques de Dubai comme la Twisted Tower ou la Marina. Ses toiles, tout comme ses mots, témoignent de son admiration de l’architecture audacieuse de la métropole : "Dubaï, jardin d’un doux béton qui m’invite à me déplacer pour un voyage démesuré, un voyage qui fait tourner la tête. Car ces belles dames, plutôt ces Burj immenses, semblent inaccessibles et pourtant elles vous accueillent avec plaisir et elles ne cessent, je l’avoue, de me séduire."